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653 – Disons-le franchement : la falsification de la bibliothèque, sa réquisition par le faux obligatoire de la marchandise, font partie du programme. C’est pourquoi les morts sont en grand danger. Et moi, entre les faux vivants, qui en réalité sont morts, et les morts, qui en réalité sont vivants, je ne peux pas m’empêcher de choisir ce qui a part au Royaume. C’est de là que vient ma mauvaise réputation. Les sociomanes sentent que je n’ai aucune bienveillance à leur endroit, même quand je feins d’en avoir une. Sans doute iraient-ils jusqu’à me trouver bizarre. Et peut-être diraient-ils que, moi non plus, je ne suis pas gentil. Heureusement, je suis parfaitement mort, comme dirait Mallarmé. Un coup de dés n’abolirait pas le hasard ? Mais si, il le peut. De même qu’il peut nous faire traverser notre propre mortalité.

Ce que la République échoue à faire, c’est justement cela : à penser la mort. Á se tenir en face d’elle. En face de la mort, la République ne peut qu’être ridicule. Liberté, égalité, fraternité, ou la mort. Voilà la véritable devise de la République. Comme si la dernière partie en absorbait les trois précédentes, raison pour laquelle on l’a fait sauter.

Le Royaume, lui, est une méditation endurante vis-à-vis de la mort.
[LIGNE DE RISQUE. 2016.]

 

 

 

652 – Une certaine pensée moyenne croit que la Révolution s’achève en produisant comme résultat la République. Mais la Révolution est plus vaste que cela. Elle déborde son résultat.

Ma thèse serait de prétendre que plus la Révolution s’approfondit, plus le Royaume, ô surprise, s’approfondit par la Révolution elle-même et en son cœur.

En somme, quelque chose a eu lieu dans la Révolution, qui est une révolution dans la Révolution. Les grands noms propres de la littérature, à commencer par le Marquis de Sade et par Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, ont pressenti cela. Mais je ne suis pas sûr, malheureusement, que les philosophes en aient été avertis.
Plus la Révolution s’approfondit, plus elle fait revenir le prétendu passé, qui se présente alors sous sa forme révolutionnaire, que je propose d’appeler avec vous le « Royaume ».
[LIGNE DE RISQUE. 2016.]

 

 

 

 

 

 

651 – Pascal, que Ducasse retourne, affirme que les misères de l’homme prouvent sa grandeur, et que l’homme est un roi détrôné. Voilà une position chrétienne. Le geste de Ducasse consiste à renverser la légende douloureuse. Aucun besoin de remettre l’homme sur son trône, il suffit de ne plus chanter la misère. Car ce n’est pas par elle que l’homme entre dans le Royaume. En effet, la promotion du discours du malheur a toujours pour contrepartie la promotion de la servitude volontaire. Rien n’est plus étranger à la véritable poésie ; en elle, la grandeur réfute les traces de la misère.

 650 – La question du temps est fondamentale. Être écrivain, c’est comprendre que le passé vient à l’horizon du futur. Il y a, si vous voulez, la ligne temporelle, dans laquelle se succèdent passé, présent et futur, et la redoublant, vous avez un passé qui vient après le futur, qui l’oriente, le soutient et le profile. D’une certaine manière, le futur le plus avancé n’est rien d’autre que la passé. Que la mentalité moderne soit réfractaire à cette évidence n’y change rien.
« Provenance est aussi avenir » : cette formule de Heidegger me semble d’une justesse irrémédiable.
[L’INFINI n°139. Printemps 2017.]

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649 – D’abord nous ne sommes plus dans un monde mais dans une mondialisation de l’immonde. Á partir de là, s’offre à vous deux solutions à titre personnel : soit, comme la plupart des contemporains, vous êtes extraordinairement déprimé par cette évacuation très rapide du temps dans la communication spasmodique, et vous allez vous mettre à parler d’impasse ou de décadence, de fin de la culture occidentale, de fin de l’ère chrétienne… soit vous vous êtes mis en état d’urgence et vous vous demandez par quel instrument, en même temps que montent les prédicateurs de la fin, de la décadence (mot du XIXe siècle beaucoup employé par Nietzsche), vous allez pouvoir traverser l’Histoire d’une façon passionnément positive. Vous menez là un combat spirituel aussi « sauvage que la bataille d’hommes », comme le dit Rimbaud dans Une saison en enfer. Je le répète, vous vous mettez en état d’urgence, autrement dit vous avez envie de demeurer réfractaire et insoumis à toutes les sollicitations d’une consommation effrénée sur fond de misère d’une part, de discours apocalyptiques d’autre part.

648 – Ce qui va être déterminant, c’est le choc de la beauté dans cet état d’urgence où vous risquez l’anéantissement. il faut vous mettre dans une certaine disposition d’esprit et c’est pour cela que les gens sont déprimés car ils ne disposent pas du négatif en eux – et n’ayant pas le négatif, ils le reproduisent sous la forme d’une négation. Vous êtes en « oui » ou « non » dans une expérience qu’il faut bien appeler métaphysique où le néant vient vous demander votre réponse.
[L’INFINI n°139. Printemps 2017.]

 

 

 

647 – J’essaie toujours d’écrire la mise en scène de contradictions flagrantes.
C’est en étant capable d’envisager les noms contradictoires de la langue française que l’on peut faire surgir le Royaume. Sinon, on reste dans l’idéologie.

 646 – Ce que je suis et tout ce que j’aime me semble sans cesse attaqué par la société dans laquelle nous vivons, la plus réactionnaire que j’ai connue, donc j’essaie de faire le point sur toutes ces régressions.

 645 – La France d’aujourd’hui est surtout déliquescente. Beauté est un livre de conviction et d’espoir. « Il n’y a rien à espérer du désespoir », disait Lacan. L’espoir ne peut être compris que dans ce qui dure. L’amour et la poésie sont là pour ça.
[L’INFINI n°139. Printemps 2017.]

644 – Vous êtes un corps parlant, vous rêvez, vous ne savez pas vraiment ce que vous dites, des nappes d’oubli à vos dépens. Allongez-vous, racontez-moi ce qui vous passe par la tête. Je me tais, ou j’interviens très brièvement. N’oubliez pas d’arriver à l’heure, et, à la fin de la séance, de me payer rubis sur l’ongle. C’est capital.

643- Vous êtes fou ou vous êtes folle, mais tout vous interdit d’en prendre conscience. Vous-même, vous évitez d’en savoir trop long à ce sujet. On va vous le démontrer raisonnablement. Voilà ce que se dit Nora, qui a vécu sa propre saison en enfer. Donnez-moi vos phrases, je vais essayer de vous tirer de votre bourbier infantile. J’écoute, la société déborde et bavarde, j’attends l’occasion. 

642 – Vous imaginez toutes les embrouilles, les ruses, les échappatoires, les scènes de ménage, le chantage permanent, les fausses réconciliations, les graves blessures narcissiques dans l’océan du ressentiment.

Je passe sur les pensions alimentaires, les querelles d’appartements, les adoptions exotiques risquées, les crémations émouvantes avec discours et musique enregistrée au funérarium. Toutes ces existences, réduites en cendres, se retrouvent dans une urne posée dans le coffre-fort d’une voiture qui roule vers le lieu prévu pour la dispersion. Beaucoup choisissent l’eau, la Seine a ses stars. La vieille inhumation, avec curé et perspective résurrectionnelle, n’a plus cours. On entasse des fleurs au four crématoire, et puis on les jette. Des couronnes se dissipent en fumée, avec des rubans d’amour.
[L’INFINI n°139. Printemps 2017.]

ph sollers -sigmund-freud einstein

 

 

 

641 – La syllabe sacrée om, en passant du bas de mon corps, et, entre mes sourcils, jusqu’au sommet de mon crâne, m’assure de mon don des langues et de ma virtuosité dans la langue des oiseaux. Je garde pour moi le vrai nom de Dieu et son tétragramme, je prends, pour régénérer ma quintessence , une pincée de ma poudre philosophale, en buvant une gorgée de soma, ou plutôt d’ambroisie, ou plutôt de nectar. Me voilà, avec Lisa et son piano, dans l’Olympe, pendant que se déroule, plus que jamais, en bas, l’interminable guerre de Troie. Les phénomènes passent, je cherche les lois.

 640 – Après le Samadhi, vous pouvez vous considérer comme un « libéré-vivant ». Vous êtes un grêlon qui a fondu dans l’océan, vous avez rejoint « l’Un sans second ». Vous vous murmurez sans cesse en silence la syllabe sacrée om, et, dans la nuit profonde pour tous, vous restez éveillé. Au même titre que l’ombre qui l’accompagne, votre corps n’est plus qu’une simple apparence. Vous avez le droit de vous dire infini, puisque vous êtes en état de réalisation et d’illumination constantes. Autour de vous, tout est beau, luxe, calme, volupté. Là où c’était vous êtres advenu. Vous voyez en vous et hors de vous, en tout lieu et à tout moment, se manifester spontanément votre propre et véritable nature.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

 

ph sollers -Aum_om

 

639 – La vérité est que Duchamp jouait plutôt mal aux échecs, ce que révèle sa lourde mise en scène avec une pauvre fille pétrifiée. C’est bon pour des coincés yankees et leurs colonisés « d’avant-garde ». Fini, ce bazar. Il y a la Beauté, mais il y a aussi la Contre-Beauté, passion triste et rageuse, visant à faire table rase de tout ce qui est beau. Ça crève les yeux, et c’est démontrable.

 638 – Elles jacassent de plus en plus fort, elles rient aux éclats. Si vous êtes là, au café, en train de lire un livre au lieu d’être penché sur un ordinateur, vous aurez vite l’air d’être un ennemi suspect du vacarme et des explosions de gaieté. Vous êtes sûrement un grand mélancolique, et, comme chacun sait, les mélancoliques, femmes comprises, finissent alcooliques. La preuve, c’est que vous en êtes à votre troisième whisky.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

-ph sollers -M Duchamp-E Babitz

 

 

 

637 – Marcher est zen, ranger ses chaussons est zen, manger est zen, se laver les dents est zen, déféquer est zen, chaque geste est zen. Au fond, c’est une prière continue, et, pour cela, nul besoin d’être ensemble. Si je suis musicien, comme Lisa, dormir est musical, faire l’amour est musical, capter la moindre couleur ou le plus furtif rayon lumineux est musical, le silence est, plus que tout, musical.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

 

ph sollers- sommeil

 

 

 

636 Mieux que dans des tonnes de romans réalistes, le malheur humain peut être froidement observé par les statistiques. La preuve :
Chaque seconde, près de 43 000 vidéos sont visionnées sur le site Youtube, soit 1 460 milliards de vidéos par an.

Chaque seconde, près de 39 000 recherches sont faites sur le moteur de recherche Google par les internautes, soit 1 204 milliards par an.
Il se boit plus de 4 000 litres de Coca-Cola dans le monde chaque seconde, soit 350 millions de litres par jour.

Ce n’est pas tout :

Chaque seconde, 3 millions d’e-mails sont envoyés dans le monde, soit 190 milliards par an. La prévision est de 200 milliards pour 2017.
Produit phare du marché de la cosmétique, il se vend chaque année dans le monde environ 900 millions de rouges à lèvres, soit près de 27 tubes de rouge à lèvres par seconde.
En France, à raison de 8,7 rapports sexuels en moyenne par mois par Français, il se déroule 215 rapports sexuels chaque seconde, soit 6,9 milliards d’actes sexuels annuels chaque année.

Voilà une parfaite démonstration que, désormais, monde rime avec seconde.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

 

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635 – La particularité de ces rêves est qu’ils sont puissamment réels. Aucun doute : cette falaise était là, Lisa m’attendait au refuge, j’ai embrassé ma mère morte, plus vivante que jamais. Pour décrire cet épanchement du rêve dans la vie réelle, et de la vie réelle dans le rêve, cette porosité gravitationnelle qui annule l’opposition entre intérieur et extérieur, je suis obligé d’inventer un mot, non plus « rêver », mais « rêvrer ».
RÊVRER.

634 – Les lois de la relativité s’appliquent en tourbillons successifs, dont les êtres humains, sur Terre, n’ont, en général, qu’une perception confuse. Á moins de suivre le Prophète, qui les prévient que la mort est l’antichambre du vrai réveil, ils se perdent vite dans leur roman familial, tournent en rond, ramassent l’argent qu’ils peuvent, s’éternisent sur des divans psy, sont dépassés par leurs ordinateurs, s’occupent de leurs enfants, circulent. S’ils voyagent, leur espace est très limité, et ils prennent des photos pour se rassurer. Le temps, sans arrêt, les divise. Comme ils ne lisent plus rien depuis longtemps, la beauté leur échappe, cachée par des flots d’images. Pas question, pour eux, de rêvrer.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

 

ph sollers- marcher avec son squelette

 

 


633 – Céline meurt à Meudon en 1961, à 67 ans. De sa fenêtre il pouvait voir un vaste panorama jusqu’à la Seine. Sa tombe comporte une dalle gravée d’un voilier. Il termine Rigodon, écrit à son éditeur, pose sa plume et meurt. C’était un vivant-mort, d’une vivacité singulière. Tout autre est le mort-vivant Hölderlin, dans sa tour de Tübingen, où il meurt à l’âge de 73 ans, dans l’indifférence générale. Voilà, quand même, un vrai dialogue franco-allemand.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

 

 

632- Écoutons cet étrange poète :
« L’humanité n’est que néant, et le ciel d’airain, résidence des dieux, est immuable. Cependant, nous avons quelque rapport avec les Immortels par la sublimité de l’esprit, et aussi par notre être physique, quoique nous ignorions quelle voie le destin a tracé pour notre course, jour et nuit. »

631 – « Dans le monde divin, sur lequel règne Zeus, règne aussi l’harmonie. Mais tous les ennemis de Zeus, et de l’ordre qu’il a introduit dans le monde, ont, au contraire, horreur de la musique. »
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

 

 


630 – Pas de rapports entre l’érotisme et la mort ? Si, un seul : faire comme si on avait disparu entre deux rendez-vous. Quelle joie de se revoir vivants ! La soudaine illumination indienne (le Samadhi) prétend que c’est alors « comme retrouver un parent perdu ». Voilà : deux sauvés du néant se disent bonjour et s’embrassent.

629 – Une bonne partenaire érotique (je pense à Lisa) sait exactement ce qu’elle veut quand elle veut. C’est une séance musicale d’une heure et demie, un quart d’heure de conversation sous-tendue par ce qui va avoir lieu (actualités mises en abîmes), une grande demi-heure de caresses et de baisers profonds, et puis conclusion, et, de nouveau, conversation, cette fois sérieuse. Tel concert, tel enregistrement, telle retransmission, tel voyage, telles contraintes. On s’embrasse tendrement, je lui dis qu’elle a encore embelli, elle s’en va. Sinon, dîner calme, et bonsoir.

 628 – Le véritable érotisme est sobre, pudique, maître de lui-même et de sa douceur. Je n’ai pas besoin de décrire la façon dont je fais l’amour avec Lisa. Après avoir joui, chacun reste seul, mais, comment dire, en plus. L’éclair continue, c’est une clairière, le tournant invisible a lieu, la lumière vous regarde. Lisa est une constellation, et j’en suis une autre. Cela ne nous empêche pas d’être des atomes dans le même ciel.
[BEAUTÉ, Éditions Gallimard, 2017.]

ph sollers -samadhi

 

627 – Le seul vrai roman est le mouvement de l’Esprit, rien d’autre.

626 – « Le mouvement est l’infini en tant qu’unité de ces deux opposés, le temps et l’espace. »

625 – Les nihilistes ne peuvent pas penser le néant, ils y courent. Plutôt vouloir le rien que ne rien vouloir. Quoi qu’ils disent, leur désir est celui d’un ordre répressif nouveau.

624 – « Á voir ce dont l’Esprit se contente, on mesure l’immensité de sa perte. »

623 – « L’essence si fermée de l’Univers ne conserve pas de force capable de résister à l’essence du connaître; celui-ci l’oblige à se dévoiler, à lui révéler ses richesses et sa profondeur et à l’en faire jouir. »
[MOUVEMENT, Éditions Gallimard, 2016.]

622 – L’homme-oiseau porte en lui cette spontanéité. Le grand roman millénaire de la caverne doit donc s’appeler Mouvement. Bataille écrit aussi : « L’écrivain du silence commet un crime contre le langage, comme l’incestueux contre la loi. » Pour éprouver Lascaux, jamais assez de silence. La société ne perçoit pas l’homme-oiseau, quinze mille ans le protègent. Tous les temps sont présents pour lui, science du puits.
[MOUVEMENT, Éditions Gallimard, 2016.]

 lascaux l'homme-oiseau -ph sollers

621 – J’ai lu très jeune, ce livre admirable au bord de l’océan. J’ai longuement marché dans la nuit, en pleine tempête, j’ai pris une voiture le lendemain, j’ai foncé vers Lascaux. Á l’époque, l’entrée était libre, l’air n’avait pas encore produit de dégâts, les microbes des touristes n’étaient pas venus infecter les peintures. Je vis toujours avec ce voyage au cœur de la terre légère. J’ai compris, puisque j’avais soudain 15 000 ans, pourquoi la Dordogne, en ces temps si anciens, avait pu être le centre du monde. Bataille parle de « cet éclat merveilleux de la richesse pour laquelle chacun se sent né ». Je ne savais pas que j’étais né pour une telle richesse.
[MOUVEMENT, Éditions Gallimard, 2016.]

 lascaux Mammouth -ph sollers

620 – Le journal du matin me réveille avec ce gros titre : «  VERS LA DISPARITION DE L’ÉCRITURE.» Les neurologues sont formels : l’usage massif des ordinateurs et l’abandon de l’écriture manuscrite pourraient ralentir l’acquisition de la lecture. En tout cas, une solution finale se profile : disparition de l’ Écriture, énorme danger pour « le peuple du Livre ». Qui se souviendra de ma minuscule comète ? Peut-être un amateur chinois.
[MOUVEMENT, Éditions Gallimard, 2016.]

ph sollers - écrire lire

 

619 – Est-ce que j’appartiens à un « nous » ? On me le dit, on me le répète, mais ma poussière n’en croit rien. Je la retrouve dans un très lointain passé qui est le véritable avenir, puisque tous les lendemains qui ont voulu chanter mentent. Le monde n’a jamais eu de base, l’éruption définitive n’aura pas lieu, vous pouvez vous faire tuer pour renforcer la publicité, elle saura commémorer la légende douloureuse. Á peine avez-vous dit « nous », c’est raté.
[MOUVEMENT, Éditions Gallimard, 2016.]